ARCHIVÉE - Évaluation de l’état des services de santé mentale de la BFC Petawawa

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Décembre 2008

Lettre au Ministre

Le 12 novembre 2008
 

L’honorable Peter G. MacKay, C.P., c.r., député
Ministre de la Défense nationale
Quartier général de la Défense nationale
Édifice Mgén. George R. Pearkes
13e étage, tour nord
101, promenade du Colonel By
Ottawa (Ontario) K1A 0K2
 

Monsieur le Ministre,
 

Veuillez trouver ci-joint six exemplaires de notre rapport spécial intitulé Évaluation de l’état des services de santé mentale de la BFC Petawawa.
 

Ce rapport spécial découle d’une visite d’enquête à la Base des Forces canadiennes Petawawa menée par le Bureau de l’Ombudsman du ministère de la Défense nationale et des Forces canadiennes en novembre 2007. Cette visite d’enquête a permis de relever trois grandes préoccupations à la BFC Petawawa, et les recommandations contenues dans le rapport visent à aider les institutions du ministère de la Défense nationale et des Forces canadiennes à régler les problèmes concernant la disponibilité des soins de santé en général et ceux qui sont particuliers à la BFC Petawawa.
 

Le 8 août 2008, nous avons soumis un rapport intérimaire au Chef d’état-major de la Défense pour que les Forces canadiennes aient la possibilité d’examiner nos conclusions et recommandations avant de préparer la version définitive du rapport, laquelle a été rédigée en tenant compte des commentaires reçus. Nous vous soumettons ce rapport, à titre de ministre de la Défense nationale, conformément à l’alinéa 38(1)b) des Directives Ministérielles concernant le Bureau de l’Ombudsman.
 

Veuillez prendre note que nous avons l’intention de rendre ce rapport public à l’expiration du délai de 28 jours à partir de la date de la présente lettre, conformément à l’alinéa 38(2)b) des Directives ministérielles.
 

Nous nous réjouissons à la perspective de recevoir vos commentaires concernant nos recommandations.
 

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
 

Mary McFadyen
Ombudsman intérimaire
 

c.c. : M. Robert Fonberg, Sous-ministre de la Défense nationale
Général Walter Natynczyk, Chef d’état-major de la Défense
 

Pièces jointes (6)
 

I. Contexte

Pendant que la deuxième enquête de suivi du Bureau sur le traitement du syndrome de stress post-traumatique et des autres traumatismes liés au stress opérationnel au sein de la force militaire suivait son cours, l’ancien ombudsman du ministère de la Défense nationale et des Forces canadiennes a pris part à une mission d’enquête à la Base des Forces canadiennes (BFC) Petawawa les 27 et 28 novembre 2007; il était accompagné par la directrice générale des Opérations et par un enquêteur du Bureau.
 

La BFC Petawawa est la base d’appartenance du 2e Groupe-brigade mécanisé du Canada (2 GBMC), du Quartier général 2e Groupe de soutien de secteur (QG 2 GSS), de l’Unité de soutien de secteur, Petawawa (USS Petawawa), du 2e Bataillon des services (2 Bon Svc), de la Compagnie d’instruction du Service de soutien au combat, du Quartier Général et Escadron des Transmissions 2e Groupe-Brigade Mécanisé du Canada (QG & Esc Trans 2 GBMC), du Commandement des forces d’opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN), du 1er Hôpital de campagne du Canada (1 H Camp C), du Dépôt central de matériel médical (DCMM) et du Régiment d'opérations spéciales du Canada (ROSC).
 

Depuis 2002, la BFC Petawawa a également été la base d’attache de cinq rotations dans le cadre de la mission en Afghanistan (les Rotations 0 et 3 de l’opération Archer, soit d’août 2003 à février 2004 et d’août 2005 à février 2006, ainsi que les Rotations 0, 3 et 6 de la Force opérationnelle en Afghanistan, soit d’août 2005 à février 2006, de février 2007 à août 2007 et de août-septembre 2008 à février 2009); elle a aussi largement contribué à d’autres rotations en Afghanistan en fournissant du personnel. En tout, plus de 8 500 militaires appartenant à la BFC Petawawa ont participé au déploiement en Afghanistan depuis 2002. Malheureusement, 22 des militaires qui y ont perdu la vie appartenaient à la BFC Petawawa au moment d’être envoyés en déploiement (données du 1er juillet 2008).
 

Étant donné l’intensité de son rythme opérationnel, la dangerosité de la mission en Afghanistan et le fait que la BFC Petawawa est située en région isolée, l’ancien ombudsman a jugé que cette base pourrait faire l’objet d’une étude de cas très utile dans le cadre d’une enquête systémique plus étendue sur le syndrome du stress post-traumatique et les autres traumatismes liés au stress opérationnel. De plus, au cours des mois précédents, la BFC Petawawa avait fait l’objet d’un certain nombre de plaintes portant sur un sujet particulier au Bureau de l’Ombudsman (et au Bureau de l’Ombudsman de l’Ontario). En particulier, les militaires et leur famille se sont plaints du manque de soins adéquats en santé mentale pour les soldats et les familles qui essayaient tant bien que mal de composer avec les déploiements et, de façon plus précise, avec le stress lié à la mission en Afghanistan. Ces plaintes étaient d’un intérêt tout particulier pour l’Ombudsman de la force militaire en raison des conclusions formulées par ses enquêteurs à la suite d’une enquête systémique plus étendue du Bureau. En effet, les enquêteurs ont alors conclu que le Ministère et les Forces canadiennes devaient en faire beaucoup plus pour aider les militaires, leur famille et les fournisseurs de soins militaires à faire face au syndrome de stress post traumatique et aux autres traumatismes liés au stress opérationnel.
 

Lors de sa visite d’enquête à la BFC Petawawa, l’Ombudsman a rencontré divers groupes qui travaillaient à la gestion et (ou) à la prestation des services de soins de santé mentale de la base, notamment :
 

  • les superviseurs, le personnel et les clients du Centre de ressources pour les familles des militaires (CRFM) de Petawawa;
     
  • les officiers et les militaires du rang (subalternes et supérieurs);
     
  • les professionnels de la santé (les médecins, les infirmières et infirmiers en santé mentale ainsi que les adjoints médicaux);
     
  • les travailleurs sociaux;
     
  • les aumôniers;
     
  • des militaires qui font partie de la chaîne de commandement.
     

L’Ombudsman et la directrice générale se sont également entretenus avec le directeur du Centre Phoenix, un organisme financé par la province qui dispense des services de santé mentale aux enfants et aux familles dans la région de Pembroke, en Ontario (dont fait partie la BFC Petawawa).
 

L’Ombudsman a été mis au courant d’un certain nombre de préoccupations ayant à voir avec des cas particuliers à la BFC Petawawa (le Bureau en a fait le suivi à titre de plaintes individuelles); il a également été informé de deux problèmes plus étendus, lesquels avaient un impact négatif réel sur les militaires des Forces canadiennes et leur famille à cette base.
 

  1. Le manque général de services de soins de santé à la base et dans la région immédiate pour permettre de détecter les troubles de santé mentale et de traiter les personnes qui en souffrent; on pense en particulier, mais pas exclusivement, aux troubles de santé mentale causés par les déploiements militaires en Afghanistan.
     
  2. L’état d’épuisement professionnel perceptible des fournisseurs de soins de santé à tous les niveaux.
     

Au terme de sa visite à la base, il ne faisait aucun doute pour l’Ombudsman que les militaires des Forces canadiennes et leur famille ne recevaient pas les soins dont ils avaient besoin dans la région de Petawawa pour traiter leurs troubles et leurs maladies liés à la santé mentale, ce qui pourrait avoir des conséquences tragiques. De plus, il était évident que, s’ils n’étaient pas réglés immédiatement, ces problèmes pouvaient nuire à la capacité de la BFC Petawawa de répondre à ses exigences opérationnelles futures.
 

L’objectif primordial du rapport de suivi plus complet sur le syndrome du stress post-traumatique et les autres traumatismes liés au stress opérationnel était de répondre à la question suivante : les membres des Forces canadiennes qui souffrent du syndrome de stress post-traumatique ou d’autres traumatismes liés au stress opérationnel sont-ils diagnostiqués et soignés de façon à pouvoir demeurer des membres actifs de la société canadienne, que ce soit dans les forces armées ou comme civils? Malheureusement, la réponse formulée dans le rapport est que certains d’entre eux ne le sont pas. L’Ombudsman a constaté que, dans certains cas, des hommes et des femmes de l’Armée de terre, de la Marine ou de la Force aérienne qui ont servi leur pays avec courage et dévouement passent à travers les mailles du système. En effet, certains des problèmes les plus importants du système actuel ont été constatés par l’Ombudsman à la BFC Petawawa.
 

Table des matières

  

II. Manque de soins de santé adéquats

L’évaluation de l’Ombudsman sur les services en santé mentale à la BFC Petawawa porte sur la disponibilité des soins et traitements dispensés selon les catégories qui suivent.
 

  1. Soins individuels aux militaires : les soins dispensés individuellement aux militaires qui souffrent de troubles de santé mentale, notamment les troubles liés aux déploiements militaires.
     
  2. Soins aux familles des militaires : les soins dispensés aux membres des familles des militaires pour les aider à composer avec des troubles de santé mentale attribuables aux déploiements militaires. 
     
  3. Soins individuels aux membres des familles : les soins dispensés individuellement aux membres des familles qui peuvent ou non être en rapport avec du stress lié aux déploiements.
     

Soins individuels aux militaires

Toutes les personnes interrogées par l’Ombudsman étaient d’accord pour dire qu’un membre des Forces canadiennes ne pouvait obtenir rapidement ni sans grandes difficultés un diagnostic en santé mentale ou des soins de réadaptation à la BFC Petawawa.
 

Par exemple, l’Ombudsman a appris que l’on ne permet pas au psychiatre de la base de diagnostiquer des traumatismes liés au stress opérationnel. Ainsi, pour être évalués, les patients doivent se rendre à Ottawa, située à plus de 160 kilomètres, pour un diagnostic et un plan d’intervention. De surcroît, on a indiqué à l’Ombudsman que les soins de réadaptation généralement recommandés par les médecins à Ottawa (par exemple, la thérapie cognitivo- comportementale (TCC)) n’étaient pas offerts à la BFC Petawawa.
 

L’Ombudsman a également appris que la responsabilité de traiter les symptômes de troubles mentaux, que ce soit avant ou après un diagnostic précis, fait partie des tâches du médecin généraliste de service à la BFC Petawawa. Toutefois, pour que ces soins soient efficaces, ils requièrent beaucoup plus de temps et d’attention qu’il est habituellement nécessaire de consacrer à des blessures physiques. Par conséquent, le système de soins de santé, qui doit déjà servir un nombre très élevé de patients, doit composer avec une charge de travail qui s’en trouve grandement alourdie. Cela veut également dire que certains militaires n’obtiennent tout simplement pas le niveau de soins et d’attention dont ils ont besoin pour traiter leurs traumatismes liés au stress opérationnel, y compris le syndrome de stress post-traumatique.
 

Soins aux familles des militaires

Un certain nombre de groupes qui ont discuté avec l’Ombudsman, notamment les aumôniers, les travailleurs sociaux et les militaires du rang, lui ont fait remarquer que les militaires vivent rarement, voire jamais, leurs troubles de santé mentale seuls ou en isolement. Comme l’a dit un soldat :  « Lorsqu’un militaire souffre d’un traumatisme lié au stress opérationnel, c’est toute sa famille qui en souffre. »  
 

De surcroît, l’Ombudsman a appris qu’il arrive que des membres des familles soient atteints de problèmes de santé mentale liés aux déploiements militaires, sans pour autant que les militaires en aient eux-mêmes développé. Étant donné le nombre de blessures subies par les militaires de la BFC Petawawa en Afghanistan et l’étendue de la couverture médiatique de toutes les activités de combat, les familles doivent faire face à un stress considérable, à un niveau qui n’a en fait probablement pas été vécu depuis la guerre de Corée au début des années 1950.
 

Même si les Forces canadiennes sont tenues de fournir des soins médicaux à leurs militaires, les membres de leur famille qui habitent au Canada obtiennent les leurs du régime de soins de santé de la province où ils résident. En ce qui concerne les membres des familles des militaires de la BFC Petawawa, ils sont pris en charge par le Régime d'assurance-maladie de l'Ontario (RAMO). Quoi qu’il en soit, les militaires, les membres de leur famille, les fournisseurs de soins de santé et la chaîne de commandement de la BFC Petawawa et, en fait, de partout au Canada sont unanimes pour dire que les Forces canadiennes ont la responsabilité morale de veiller à offrir des soins adéquats aux familles des militaires à l’endroit où ils résident et travaillent. Cet appui était encore plus solide à l’égard de ceux qui vivent dans des régions isolées comme la BFC Petawawa. L’ancien chef d’état-major de la Défense semblait partager ce point de vue dans le CANFORGEN 159/07 :

Je continuerai aussi à veiller à ce que le plus haut niveau de soutien soit accordé aux blessés ainsi qu’aux familles de nos soldats, de nos marins et de nos aviateurs blessés ou tués au service du Canada. Il s’agit du principe du leadership responsable, et je m’attends à ce que toutes les personnes occupant un poste d’autorité l’appliquent.

 
Malheureusement, la réalité à la BFC Petawawa ne correspond pas à cette déclaration. Les militaires, les membres des familles et les fournisseurs de soins ont tous dit à l’Ombudsman que l’on réduisait la quantité déjà insuffisante des services disponibles consacrés à la santé et au mieux-être général des familles.
 

Ce manque de disponibilité était particulièrement facile à constater au cours de la visite de l’Ombudsman; selon une restriction récemment mise en place, les familles des militaires pouvaient participer à des séances de counselling données par les travailleurs sociaux de la base seulement si le militaire était présent. La disponibilité des soins s’en est du même coup trouvée grandement limitée, puisque les militaires sont souvent à l’extérieur de la base, soit en déploiement ou pour suivre de l’instruction. Le degré d’efficacité des soins offerts a également été réduit, car les membres des familles sont souvent réticents à exprimer librement leurs préoccupations en présence de leur proche militaire qui est peut-être éprouvé par de graves problèmes.
 

Au cours de la visite de l’Ombudsman à Petawawa, les familles des militaires étaient visiblement très préoccupées par la perte de ces services importants. Si les familles ne peuvent pas avoir facilement accès aux services des travailleurs sociaux des Forces canadiennes, ils ont alors quatre choix :
 

  • se débrouiller sans aide;
     
  • avoir recours aux services offerts par les fournisseurs de services sociaux civils de la région;
     
  • essayer d’obtenir des services à Ottawa;
     
  • se tourner vers d’autres services dispensés par les Forces canadiennes.
     

Le choix de se débrouiller sans aide est tout simplement inacceptable. En général, les familles qui demandent de l’aide sont celles qui se rendent compte qu’elles ne peuvent pas régler leurs problèmes seules, souvent parce qu’elles sont en état de crise ou qu’elles sont sur le point de l’être. Le fait de les laisser à elles-mêmes, surtout pour faire face à des problèmes causés par le service militaire, est extrêmement injuste et même imprudent. Le fait de ne pas reconnaître l’existence de troubles ou de maladies liés à la santé mentale ou de refuser de fournir des soins ou des traitements adéquats pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour les familles en général, pour un membre de ces familles sur le plan individuel et pour l’ensemble de la communauté.
 

Parallèlement, l’Ombudsman a appris que les familles qui désirent avoir recours à d’autres fournisseurs de services sociaux dans la région de Petawawa n’ont guère de choix. En effet, les services de santé mentale sont très limités dans cette région, que ce soit en ce qui concerne le nombre d’endroits où ils sont offerts ou la gamme des spécialités disponibles, et ces services sont difficilement accessibles. Par ailleurs, l’Ombudsman a également appris qu’il n’y a absolument aucun service en français pour les membres des familles.
 

Les familles des militaires qui ont cherché à obtenir de l’aide à Ottawa ont souvent eu de la difficulté à trouver un endroit où avoir des soins adéquats et en temps opportun auprès de spécialistes en santé mentale. De plus, la distance considérable qui sépare Petawawa d’Ottawa, jumelée au fait que les soins pouvaient être requis sur une base hebdomadaire ou même plusieurs fois par semaine, diminuait la viabilité de cette option pour de nombreuses familles de militaires ayant besoin d’aide.
 

Pour ce qui est d’obtenir d’autres types de services des Forces canadiennes à la BFC Petawawa, l’Ombudsman a appris que les familles n’avaient que deux options, soit le Centre de ressources pour les familles des militaires (CRFM) et les aumôniers militaires.
 

Situés partout au pays et à l’étranger, les centres de ressources pour les familles des militaires sont les organisations de premier recours qui dispensent des programmes et des services aux familles des militaires pour appuyer les objectifs du Programme de services aux familles des militaires, notamment celui d’ « aider les familles des membres des FC à gérer le stress associé aux particularités du mode de vie militaire ». 
 

Le Centre de ressources pour les familles des militaires de Petawawa offre de nombreux programmes de prévention et d’éducation, des services d’aide à court terme et des services d’aiguillage pour les familles en situation de crise. Ces programmes sont conçus et dispensés aux membres des familles des militaires pour les aider à développer des aptitudes, à acquérir des connaissances et à établir des relations personnelles qui les aideront à mieux composer avec le stress que doivent supporter les familles des militaires ainsi qu’à éviter ou à réduire les effets négatifs causés par ce genre de stress. Des programmes sont également en place pour aider les familles et ses membres en cas d’urgence et pour de courtes périodes lorsqu’elles doivent faire face à une situation de crise. Enfin, le Centre de ressources pour les familles des militaires de Petawawa donne de l’information à propos des services qui ne font pas partie de sa compétence et un service d’aiguillage vers lesdits services.
 

Même si le Centre de ressources pour les familles des militaires de Petawawa donne un service essentiel et de l’aide substantielle aux familles des militaires de la région, il n’a pas le mandat de dispenser des soins thérapeutiques continus en médecine, en psychiatrie, en psychologie ou en travail social; il n’a pas non plus les ressources nécessaires pour donner ce genre de soins. Par conséquent, la capacité de ce centre est très limitée, que ce soit pour fournir des soins additionnels en santé mentale ou pour offrir une solution de rechange aux services de travail social jadis offerts aux familles des militaires.
 

Dans le cadre de leurs responsabilités, on s’est toujours attendu à ce que les aumôniers des Forces canadiennes fournissent du soutien spirituel aux militaires en déploiement ainsi qu’aux militaires au Canada et à leur famille. De plus, puisqu’il est sous-entendu que le rôle pastoral inclut l’obligation de porter assistance à toute la personne, il est courant pour les aumôniers des Forces canadiennes d’aider leurs paroissiens en les aidant à défendre leurs intérêts et en leur fournissant des services de counselling et d’aiguillage.
 

Lors de sa visite à Petawawa, les aumôniers ont fait part à l’Ombudsman de la hausse considérable de la demande de leurs services à cause de la diminution constante de la disponibilité des services des autres fournisseurs de soins, de l’allongement des listes d’attente et du fait que les autres services sont de moins en moins offerts aux membres des familles. Plusieurs aumôniers ont aussi soulevé des préoccupations auprès de l’Ombudsman concernant l’état général du bien-être concernant la santé mentale des membres des Forces canadiennes et de leur famille.
 

Soins individuels aux membres des familles

La situation des membres civils des familles de militaires à Petawawa qui ont besoin de soins ou de traitements individuels d’un professionnel en santé mentale ou en travail social n’est pas différente de celle des résidants de toute autre petite ville en Ontario; ils ont souvent peu d’options et parfois même aucune. Il n’y a tout simplement pas assez de médecins et autres spécialistes pour suffire à la demande. De plus, les professionnels capables de fournir ce genre de services ou de soins en français sont encore plus rares, ce qui représente un problème de plus en plus étendu étant donné le nombre croissant de francophones affectés à la Base de Petawawa. Même dans les cas où des options sont disponibles, elles sont difficiles d’accès pour ceux qui n’ont pas de véhicule personnel, vu les moyens limités offerts par le transport en commun.
 

Ce problème qui perdure depuis longtemps a été corroboré par presque tous les membres des Forces canadiennes ayant habité avec leur famille dans la région de Petawawa. On nous a relaté des situations où des gens qui avaient finalement trouvé une personne pouvant leur donner des soins adéquats étaient affectés ailleurs peu de temps après ou apprenaient que le fournisseur de soins quittait la région, les obligeant ainsi à tout recommencer le processus de recherche. Nous avons entendu parler de membres de familles qui ne pouvaient pas conduire et qui devaient annuler leur rendez-vous parce qu’ils n’avaient pas les moyens de payer la course en taxi; le militaire de la famille qui aurait pu les y conduire ne pouvait pas prendre congé (ou était en déploiement). Nous avons entendu parler de membres de familles francophones qui ne pouvaient pas aller à leurs rendez-vous médicaux sans avoir recours à leur conjoint, à un ami ou à un voisin bilingue pour traduire. Enfin, nous avons entendu parler de familles qui devaient régulièrement assumer les frais de déplacement en voiture à Ottawa pour obtenir les soins nécessaires pour les membres de la famille.
 

Les problèmes des familles des militaires de Petawawa à obtenir des soins en santé mentale n’ont rien de particulier en comparaison avec les autres petites villes de l’Ontario et du Canada, sauf qu’il y a une différence importante. En effet, ces familles habitent Petawawa parce qu’un de leurs proches est militaire et qu’il a été affecté à cette base pour satisfaire aux exigences opérationnelles des Forces canadiennes.
 

Pour cette raison et parce que les troubles ou les maladies liés à la santé mentale des membres des familles des militaires sont souvent directement attribuables aux opérations ou aux obligations de nature militaire, le Bureau de l’Ombudsman est d’avis que le ministère de la Défense nationale et les Forces canadiennes ont l’obligation morale de veiller à ce que les familles des militaires aient raisonnablement accès à des soins en santé mentale et à des services sociaux, et ce, même en l’absence d’une obligation juridique. De plus, il est aussi logique, d’un point de vue pratique (et opérationnel), de veiller à ce que les membres des familles des militaires bénéficient de soins et de soutien adéquats. Un soldat qui sait que sa famille reçoit l’aide dont elle a besoin sera plus en mesure de se concentrer sur la mission militaire.
 

Il est important de noter que les familles des militaires dans la région de Petawawa ont souvent besoin d’un niveau plus élevé d’accès par habitant à certains types de services et de soins comparativement à l’ensemble de la population. Les membres des familles des militaires sont soumis à du stress que la plupart des civils n’ont pas à vivre. Leurs proches doivent partir pour de longues périodes, parfois pour travailler dans des conditions extrêmement dangereuses. La famille habite dans une région souvent très éloignée de son lieu d’origine (parfois même très loin de ses racines linguistiques).
 

Ce problème a largement été mis en lumière en mars 2007, au cours de l’enquête de l’Ombudsman de l’Ontario sur les délais d’attente déraisonnablement longs pour obtenir des services de soins de santé mentale pour les enfants des militaires de Petawawa. En raison d’un manque de ressources, les enfants devaient attendre jusqu’à six mois pour obtenir des soins. L’Ombudsman de l’Ontario a recommandé que la province veille à ce que le Centre Phoenix soit adéquatement financé et que des représentants du ministère provincial de la Santé rencontrent ceux du gouvernement fédéral afin de résoudre le problème à long terme. Grâce au travail de l’Ombudsman de l’Ontario, le gouvernement provincial a versé deux millions de dollars en fonds de prévoyance aux communautés pour fournir du soutien en santé mentale aux enfants; le Centre Phoenix a reçu une partie de cette somme pour améliorer les services de santé mentale dans la région de Petawawa. Au même moment, l’ancien ministre de la Défense nationale, l’honorable Gordon O’Connor, s’est engagé à verser 100 000 $ au Centre de ressources pour les familles des militaires de Petawawa afin d’aider à financer un programme mené en collaboration avec le Centre Phoenix. Bien qu’il s’agisse d’un dénouement très positif, nous avons appris que les délais d’attente au Centre Phoenix se sont de nouveau mis à s’allonger. Par ailleurs, ce financement ciblé n’a rien apporté pour améliorer la situation des familles des militaires dans la région de Petawawa en ce qui concerne la disponibilité des services dont elles ont besoin et qui sont souvent difficiles d’accès, que ce soit en santé mentale, en travail social ou dans les autres domaines de la médecine.
 

Dans le CANFORGEN 093/08, diffusé en mai 2008, l’ancien chef d’état-major de la Défense s’est engagé à  « bâtir ensemble une capacité plus grande et plus efficace afin d’aider et de soutenir tous les hommes et femmes portant l’uniforme, de même que les vétérans et leur famille, alors qu’ils apprennent à vivre avec des problèmes de santé mentale ». Toutefois, à la suite de l’enquête de suivi plus large de l’Ombudsman qui fait l’objet d’un rapport sur le syndrome de stress post-traumatique et sur les autres traumatismes liés au stress opérationnel, il est clairement établi que la qualité et la rapidité des soins en santé mentale offerts aux familles des militaires et à ses membres individuellement varient grandement d’un établissement militaire à l’autre. Les membres des familles des militaires affectés dans des bases situées près d’un grand centre urbain, comme Edmonton et Valcartier, bénéficient généralement d’un niveau acceptable d’accessibilité à des soins. Par contre, la famille d’un militaire affecté à une base plus isolée constate souvent qu’il est extrêmement difficile d’avoir accès au type de soins et de soutien dont elle a besoin dans la communauté environnante, ce qui est certes le cas de la BFC Petawawa. 
 

Table des matières
 

III. Fournisseurs de soins militaires

Le personnel médical, les travailleurs sociaux et les aumôniers fournissent des soins psychologiques aux militaires des Forces canadiennes et à leur famille à la BFC Petawawa. La majorité des fournisseurs de soins de la base sont militaires. D’après leurs discussions avec l’Ombudsman, ils étaient manifestement bien au fait du stress éprouvé par les familles des militaires auxquelles ils étaient chargés de prodiguer des soins. Il était également évident qu’ils étaient déterminés à donner les meilleurs soins possible en dépit des ressources limitées dont ils disposaient et du nombre de patients qu’ils avaient à voir au quotidien.
 

Lors de sa visite, l’Ombudsman a été à même de constater que le système fonctionnait bien au-delà de sa capacité. Par conséquent, les fournisseurs de soins étaient en état d’épuisement professionnel ou étaient sur le point de l’être. La surcharge du système était également la source d’importants conflits entre les intervenants des divers domaines et spécialités; les soins multidisciplinaires ne pouvaient donc pas être offerts aux patients de la façon la plus efficace possible, même lorsque ces soins étaient disponibles.
 

Au cours des entrevues et des réunions menées par l’Ombudsman et la directrice générale des Opérations, deux sujets ont constamment refait surface.
 

  1. Les niveaux de dotation : Le nombre de fournisseurs de soins par habitant de la Base de Petawawa semble de beaucoup inférieur à celui des autres bases militaires.
     
  2. Les problèmes de gouvernance : Les diverses collectivités de fournisseurs de soins ne semblent pas collaborer de façon cohérente ou efficace.
     

Niveaux de dotation

Comme nous l’avons déjà fait remarquer, la Base de Petawawa est l’une des plus occupées et des plus actives en raison de son soutien à la mission en Afghanistan depuis 2002. Elle est également une des bases d’armée de grande taille les plus isolées en ce qui concerne la proximité d’un grand centre urbain où une plus vaste gamme de services et de soins de santé sont offerts. Il serait donc logique de s’attendre à ce que le ministère de la Défense nationale et les Forces canadiennes fournissent à la Base de Petawawa une plus grande concentration de personnel médical et de services sociaux par habitant qu’aux autres bases. Malheureusement, il semble que ce soit le contraire.
 

Selon des données fournies par le médecin-chef de la base lors de la visite de l’Ombudsman, les ressources de la BFC Petawawa pour le traitement des maladies et des troubles mentaux sont de loin inférieures aux autres bases de l’Armée de taille comparable, et ce, en dépit du fait qu’elle est beaucoup plus éloignée de la ville la plus près qui serait susceptible de fournir des ressources additionnelles pour des services de thérapie et de diagnostic.

 

 

Base

 

Personnel militaire

 

Psychologues

 

Psychiatres

 

Petawawa

 

5 100

 

1,1

 

0,8

 

Valcartier

 

4 500

 

8,5

 

4

 

Edmonton

 

6 600

 

5

 

3

 

 
Étant donné le niveau inadéquat de ressources en santé mentale à la Base de Petawawa, cette dernière n’est pas en mesure d’établir une unité de soins de santé mentale consacrée uniquement au traitement du syndrome de stress post traumatique et aux autres traumatismes liés au stress opérationnel. Les patients sont envoyés à Ottawa pour obtenir un diagnostic et recevoir certains soins. De nombreux éléments du plan d’intervention ne sont pas offerts à la BFC Petawawa, notamment la thérapie cognitivo-comportementale, la thérapie d'exposition ainsi que la désensibilisation des mouvements oculaires et le retraitement.
 

Les soins médicaux en général souffrent du manque de ressources à la base militaire. Les postes cliniques de l’Unité de prestation de soins de santé de la BFC Petawawa ne sont pas tous dotés. Le médecin-chef a dit à l’Ombudsman que, même si tous les postes de l’unité étaient dotés, il n’y aurait pas assez de cliniciens pour suffire à la demande. Les cliniciens de la BFC Petawawa doivent également prendre part à des déploiements et appuyer l’instruction militaire; il arrive donc souvent qu’ils ne soient pas disponibles pour dispenser des soins cliniques à la base. Toujours selon le médecin-chef, la plupart du temps, les unités de prestation de soins de santé doivent mener leurs activités avec moins de la moitié du personnel requis. Ce manque de ressources se traduit souvent par des délais d’attente de deux à trois heures pour ceux qui se présentent à la revue des malades et de six semaines pour avoir un rendez-vous.
 

Les réductions et les restrictions décrites plus tôt relativement aux services de travail social à la BFC Petawawa sont également attribuables au manque de praticiens et de spécialistes du domaine médical.
 

Comme nous l’indiquons dans notre rapport de suivi plus complet sur le syndrome du stress post-traumatique et sur les autres traumatismes liés au stress opérationnel, une grave pénurie de professionnels de la santé mentale dans les établissements militaires partout au Canada est à l’origine des soins et des traitements incomplets et inégaux qui sont offerts aux hommes et aux femmes des Forces canadiennes. Par conséquent, le Bureau de l’Ombudsman a été heureux d’apprendre que les Forces canadiennes ont l’intention d’engager 218 nouveaux professionnels de la santé mentale d’ici la fin de mars 2009. Toutefois, nous ne savons pas si cet engagement aura des effets et, le cas échéant, quels seront ces effets sur la résolution des défis, des problèmes et des lacunes actuels à la BFC Petawawa.
 

Gouvernance

Les discussions entre l’Ombudsman et les nombreux membres de la communauté des fournisseurs de soins de la BFC Petawawa ont permis de révéler que ces derniers ont manifestement à cœur le bien-être de leurs patients et qu’ils sont profondément préoccupés par la capacité du système à répondre aux besoins de ceux qui souffrent d’une maladie ou d’un trouble lié à la santé mentale. Les fournisseurs de soins sont tous d’avis que les patients qui souffrent de troubles de santé mentale sont mieux servis par une approche multidisciplinaire.
 

Toutefois, toujours selon les discussions qu’a eues l’Ombudsman avec les fournisseurs de soins, l’environnement de travail actuel à la BFC Petawawa est loin d’offrir des conditions optimales à la prestation de soins multidisciplinaires. Les interactions professionnelles doivent essentiellement se dérouler dans la courtoisie, dans le respect et dans un esprit de collaboration pour que la prestation d’un tel type de soins soit harmonieuse. L’Ombudsman a plutôt observé un climat d’animosité ouverte entre les divers groupes de professionnels de la BFC Petawawa. Il a également entendu de nombreux commentaires qui décrivaient un environnement de travail malsain; un des participants a même été jusqu’à le qualifier d’ « empoisonné ».
 

L’intensité du rythme opérationnel à la BFC Petawawa et le manque général de ressources ont certainement contribué à empirer la situation. Les responsables de systèmes exposés au stress et les personnes qui y travaillent sont moins enclins à adopter une perspective plus large et à travailler pour trouver des solutions à long terme. Ils ont plutôt tendance à se concentrer sur des mesures immédiates qui ne décadrent pas de leur domaine de responsabilité spécifique, peu importe si ces mesures ont des répercussions négatives sur d’autres domaines de la prestation de soins ou à long terme.
 

Au cours de sa visite à la base, l’Ombudsman a constaté qu’il n’y avait aucune autorité globale en place pour veiller à la coordination du travail entre les divers spécialistes, militaires ou civils. Il a également constaté qu’il n’y avait aucun mécanisme en place pour résoudre les différends concernant les mesures à suivre relativement aux soins, pour voir au partage approprié des responsabilités, pour assurer la reddition de comptes des divers spécialistes ou spécialités, pour offrir de la médiation concernant les zones grises entre les diverses spécialités ou pour coordonner les options de soins multidisciplinaires. Ces obstacles structurels ont contribué à entretenir un système en apparence ad hoc et axé sur le court terme qui ne répond tout simplement pas aux besoins de ceux qui souffrent d’une maladie ou d’un trouble ayant trait à la santé mentale.
 

Table des matières
 

IV. Analyse

Même si les lacunes et les problèmes relatifs aux services de santé mentale offerts à la BFC Petawawa étaient beaucoup plus marqués et urgents qu’ailleurs, ils étaient néanmoins semblables à ceux constatés dans l’ensemble du pays dans le cadre de l’enquête de suivi plus étendue du Bureau concernant le traitement du syndrome de stress post-traumatique et des autres traumatismes liés au stress opérationnel. Le personnel militaire, les membres des familles et les fournisseurs de soins dans la région de Petawawa étaient presque tous d’avis que la base ne disposait pas des ressources adéquates pour prodiguer des soins en santé mentale, en particulier dans le contexte où la base et son personnel doivent composer avec un rythme opérationnel élevé et soutenu en raison du soutien à la mission en Afghanistan. Il était aussi évident que les fournisseurs de soins de la BFC Petawawa avaient de la difficulté à répondre à la demande croissante pour leurs services avec les ressources limitées dont ils disposent.
 

Dans de nombreux cas, les problèmes et les lacunes relevés à la BFC Petawawa étaient directement attribuables à l’insuffisance des ressources. Par conséquent, il est recommandé :
 

  1. que les Forces canadiennes prennent des mesures immédiates pour adapter le nombre de postes de fournisseurs de soins aux besoins de la Base des Forces canadiennes Petawawa en tenant compte de sa taille, de ses activités opérationnelles et de sa situation géographique.
     

Il est aussi essentiel que le ministère de la Défense nationale et les Forces canadiennes agissent de façon plus dynamique pour subvenir aux besoins urgents et régler les problèmes des familles des militaires, que ce soit pour la cellule familiale comme telle ou pour ses membres à titre individuel. Afin d’assurer un traitement juste et adéquat aux familles des militaires dans la région de Petawawa, et ailleurs au pays, le Ministère et les Forces canadiennes doivent immédiatement faire des questions liées aux familles une priorité permanente. Ils devraient collaborer de façon proactive avec les autres ministères fédéraux et les autres niveaux de gouvernement, au besoin, à la promotion et à la protection de la santé et du mieux-être des familles des militaires du Canada. Par conséquent, il est recommandé :
 

  1. que les Forces canadiennes établissent une organisation nationale qui sera chargée de travailler avec les organismes externes et avec tous les niveaux de gouvernement, au besoin, et qu’elles lui fournissent les ressources nécessaires à cette fin, pour faire en sorte que les familles des militaires et chacun de leurs membres aient accès à toute la gamme des soins et des services dont ils ont besoin.
     

Il faut également veiller à ce que les membres des familles des militaires soient bien informés des services qui leur sont offerts dans leur région, y compris de la façon d’avoir accès à ces services. À l’occasion de sa visite à la Base de Petawawa, l’Ombudsman a constaté qu’il n’y avait aucune source centrale d’information et que les fournisseurs de soins ou de services avaient tendance à dresser leur liste personnelle desdits services. Par conséquent, il est recommandé :
 

  1. que les Forces canadiennes fournissent les ressources permanentes qui permettraient à la Base des Forces canadiennes Petawawa de communiquer avec les organismes locaux et les administrations municipales pour déterminer et coordonner les soins offerts aux familles des militaires et à chacun de leurs membres, selon leurs besoins.
     

Les employés du Chef du personnel militaire ont informé le Bureau de l’Ombudsman qu’ils travaillent à déterminer les besoins de soins de santé de toutes les bases des Forces canadiennes ainsi qu’au recrutement et (ou) à la formation du personnel requis. Ce travail est important, mais ce n’est pas suffisant pour traiter les besoins réels et urgents relevés par l’Ombudsman lors de sa visite à la BFC Petawawa. On doit trouver et mettre en place immédiatement des solutions temporaires pour veiller à ce que les militaires et leur famille soient en mesure d’avoir accès aux soins et aux services locaux dont ils ont grandement besoin. On ne peut pas attendre la mise en œuvre de solutions à long terme. Les solutions temporaires pourraient inclure, sans toutefois s’y limiter d’aucune façon, la mise en place d’une technologie pour aider à la prestation de soins à distance ou des visites régulières de spécialistes. Par conséquent, il est recommandé :
 

  1. que les Forces canadiennes trouvent des solutions temporaires pour dispenser un niveau adéquat de soins de santé à l’échelle locale en attendant la mise en place de solutions à long terme.
     

Les problèmes et lacunes relevés à la BFC Petawawa pourraient aussi être atténués si les ressources (actuelles et futures) mises à la disposition des fournisseurs de soins étaient utilisées de façon plus efficiente et efficace. Par exemple, les aumôniers de la BFC Petawawa ont fait remarquer qu’ils pourraient en faire beaucoup plus en pourvoyant aux besoins des soldats et de leur famille s’ils ne passaient pas tant de temps à faire du travail administratif ou de coordination. Ils ont souligné qu’il n’y avait qu’un seul poste d’adjoint administratif pour 14 aumôniers.
 

Les aumôniers ont aussi souligné que le succès d’un grand nombre de leurs programmes dépendait du bénévolat. Toutefois, au fur et à mesure que croissait le rythme opérationnel de la base, la demande pour ces programmes suivait la tendance; le nombre de bénévoles disponibles a diminué (tout comme la disponibilité des programmes). Là aussi, du financement additionnel pour payer du personnel-ressource permettrait aux aumôniers de tirer parti de la valeur de leurs services. Par conséquent, il est recommandé :
 

  1. que les Forces canadiennes fournissent des ressources pour obtenir de l’aide rémunérée additionnelle pour les tâches administratives et les programmes afin de permettre aux aumôniers de pourvoir de façon plus efficace aux besoins de soutien spirituel des militaires et de leur famille.
     

Il faut également un plus grand nombre de fournisseurs de soins pour aider à améliorer la prestation de soins multidisciplinaires en santé mentale à la BFC Petawawa. Ces ressources devraient faire cesser ou à tout le moins diminuer le stress et l’animosité qui s’est développée entre les divers groupes de fournisseurs de soins à la base. Parallèlement, le Ministère et les Forces canadiennes doivent instaurer une autorité globale à la BFC Petawawa pour éliminer les obstacles structurels existants et assurer une meilleure coordination entre les divers spécialistes, militaires ou civils. Par conséquent, il est recommandé :
 

  1. que les Forces canadiennes mettent en place une structure de gouvernance claire, dotée de responsabilités et de mesures de reddition de comptes clairement établies, en ce qui concerne l’efficience et l’efficacité de la prestation de soins multidisciplinaires aux militaires et aux familles de la BFC Petawawa.
     

Au cours de la visite de l’Ombudsman sur la base, le niveau de confiance et de respect entre les divers groupes de fournisseurs de soins était très faible. Une telle situation rend difficile la prestation de soins multidisciplinaires adéquats, même au sein d’un système de gouvernance efficace. Il est possible que ces problèmes de relations interpersonnelles soient résolus après avoir réglé les questions relatives aux ressources et à la gouvernance. Quoi qu’il en soit, le degré de frustration et le peu de confiance exprimés par les fournisseurs de soins portent notre Bureau à conclure qu’il faudra en faire plus pour réparer les torts causés. Par conséquent, il est recommandé :
 

  1. que les Forces canadiennes prennent des mesures positives pour aider les membres des collectivités de fournisseurs de soins de la Base de Petawawa à rebâtir les relations interpersonnelles et entre les diverses spécialités, afin qu’elles soient empreintes de courtoisie, de respect, de confiance et d’un esprit de collaboration et d’entraide.
     

Ce n’est pas la première fois que le Bureau de l’Ombudsman observe ce genre de conflit interpersonnel. Dans le rapport spécial de 2003 du Bureau, intitulé Conflit de travail au Centre de soins pour trauma et stress opérationnels de Halifax, les problèmes entre les divers fournisseurs de soins de santé (notamment des militaires, des employés civils et des tiers sous-traitants) ont eu des effets négatifs sur la prestation des services de soins en santé mentale aux patients des Forces canadiennes. Le Bureau a formulé un certain nombre de recommandations dans ce rapport afin de mettre un terme aux conflits et de régler les problèmes en milieu de travail des divers employés des soins de santé. Des mesures similaires doivent de toute évidence être prises à la BFC Petawawa.
  

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V. Constatations et recommandations

L’ancien ombudsman s’est rendu à la BFC Petawawa en novembre 2007 pour y évaluer les services de santé mentale dispensés aux militaires et à leur famille à la base et dans la région. Depuis 2002, plus de 8 500 personnes appartenant à la Base de Petawawa ont participé au déploiement en Afghanistan. Cette base de l’Ontario était également en préparation en vue de son prochain déploiement de grande envergure en Afghanistan en août et septembre 2008. Vu l’intensité de son rythme opérationnel, la dangerosité de la mission en Afghanistan et le fait que la BFC Petawawa est située en région isolée, l’Ombudsman a jugé que cette base pourrait faire l’objet d’une étude de cas très utile dans le cadre d’une enquête systémique plus étendue conduite par le Bureau sur le syndrome du stress post-traumatique et sur les autres traumatismes liés au stress opérationnel.
 

Tout au long de sa visite à Petawawa, l’Ombudsman a eu l’occasion de s’entretenir avec des militaires de milieux variés et des membres de leur famille, avec une grande partie de la communauté des fournisseurs de soins et avec des personnes faisant partie de la chaîne de commandement à tous les échelons. Le Bureau de l’Ombudsman se réjouit de l’ouverture et de l’honnêteté quant à l’accueil reçu. Le Bureau aimerait souligner tout particulièrement la franchise de ceux qui font partie de la chaîne de commandement et des groupes de fournisseurs de soins, notamment leur consentement à relever les domaines de préoccupation dans le but d’améliorer les services de santé mentale offerts aux gens qu’ils supervisent ou à ceux à qui ils sont chargés de prodiguer des soins.
 

Au cours de la visite d’enquête, l’Ombudsman a été mis au courant de deux problèmes en particulier qui avaient des répercussions réelles et négatives sur les militaires des Forces canadiennes et leur famille à la base, soit le manque général de soins de santé à la base et dans la région immédiate permettant d’identifier ceux qui étaient aux prises avec des troubles de santé mentale et de leur dispenser des soins, ainsi que l’état d’épuisement professionnel manifeste des fournisseurs de soins de santé militaires à tous les niveaux.
 

Il ne faisait aucun doute pour l’Ombudsman que les militaires des Forces canadiennes et leur famille ne recevaient pas les soins et traitements dont ils avaient besoin dans la région de Petawawa pour faire face au syndrome de stress post-traumatique et aux autres traumatismes liés au stress opérationnel, ce qui pourrait avoir des conséquences tragiques. De plus, il était évident que, s’ils n’étaient pas réglés immédiatement, ces problèmes pouvaient nuire à la capacité de la BFC Petawawa de répondre à ses exigences opérationnelles futures.
 

Compte tenu des observations recueillies au cours de cette visite, le Bureau de l’Ombudsman a formulé les sept recommandations suivantes :
 

  1. que les Forces canadiennes prennent des mesures immédiates pour adapter le nombre de postes de fournisseurs de soins aux besoins de la Base des Forces canadiennes Petawawa en tenant compte de sa taille, de ses activités opérationnelles et de sa situation géographique;
     
  2. que les Forces canadiennes établissent une organisation nationale qui sera chargée de travailler avec les organismes externes et avec tous les niveaux de gouvernement, au besoin, et qu’elles lui fournissent les ressources nécessaires à cette fin, pour faire en sorte que les familles des militaires et chacun de leurs membres aient accès à toute la gamme des soins et des services dont ils ont besoin;
     
  3. que les Forces canadiennes fournissent les ressources permanentes qui permettraient à la Base des Forces canadiennes Petawawa de communiquer avec les organismes locaux et les administrations municipales pour déterminer et coordonner les soins offerts aux familles des militaires et à chacun de leurs membres, selon leurs besoins;
     
  4. que les Forces canadiennes trouvent des solutions temporaires pour dispenser un niveau adéquat de soins de santé à l’échelle locale en attendant la mise en place de solutions à long terme;
     
  5. que les Forces canadiennes fournissent des ressources pour obtenir de l’aide rémunérée additionnelle pour les tâches administratives et les programmes afin de permettre aux aumôniers de pourvoir de façon plus efficace aux besoins de soutien spirituel des militaires et de leur famille;
     
  6. que les Forces canadiennes mettent en place une structure de gouvernance claire, dotée de responsabilités et de mesures de reddition de comptes clairement établies, en ce qui concerne l’efficience et l’efficacité de la prestation de soins multidisciplinaires aux militaires et aux familles de la BFC Petawawa;
     
  7. que les Forces canadiennes prennent des mesures positives pour aider les membres des collectivités de fournisseurs de soins de la Base de Petawawa à rebâtir les relations interpersonnelles et entre les diverses spécialités, afin qu’elles soient empreintes de courtoisie, de respect, de confiance et d’un esprit de collaboration et d’entraide.
     

Une fois mises en œuvre, les recommandations susmentionnées devraient grandement contribuer à améliorer la qualité et la rapidité des services et des soins en santé mentale offerts aux militaires des Forces canadiennes et à leur famille à la BFC Petawawa. Parallèlement, lorsque ces recommandations seront examinées en relation avec celles formulées dans le rapport de suivi plus complet sur le traitement du syndrome de stress post-traumatique et les autres traumatismes liés au stress opérationnel au sein de la force militaire, elles devraient contribuer à l’amélioration de l’ensemble du système de soins de santé mentale pour tous les membres des Forces canadiennes et leur famille partout au pays.
 

Étant donné le caractère extrêmement dangereux et exigeant de la mission actuelle en Afghanistan, les défis relatifs au syndrome de stress post traumatique et aux autres traumatismes liés au stress opérationnel deviendront de plus en plus importants pour les Forces canadiennes et une pénible réalité qui affligera de plus en plus de soldats, de marins et d’aviateurs, femmes et hommes, pour des années à venir. À de nombreux égards, il s’agira d’un problème générationnel pour le ministère de la Défense nationale, pour les Forces canadiennes et pour l’ensemble du gouvernement. Ces derniers doivent agir et agir promptement pour régler ce problème, tant à la BFC Petawawa qu’à la grandeur du pays.
 

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Réponse du Chef d'état-major de la Défense concernant l'étude de cas menée par le Bureau sur l'état des services de santé mentale de la BFC Petawawa

Le 27 octobre 2008
 

Madame Margaret Brandon
Directrice générale – Opérations
Bureau de l’Ombudsman de la Défense
nationale et Force canadiennes
100, rue Metcalfe, 12e étage
Ottawa ON K1P 5M1
 

Chère Madame Brandon,
 

Je vous remercie de votre lettre du 8 août 2008. Elle me donne l’occasion, avant que vous n’ayez terminé la rédaction de votre rapport, de commenter l’étude de cas de l’Ombudsman se rapportant aux services de santé fournis à la BFC Petawawa.
 

Cette étude a été examinée à fond par le Chef du personnel militaire (CPM), le Directeur général – Services de soutien au personnel et aux familles, le Médecin-chef et l’Aumônier général. Je joins à la présente une synthèse des commentaires sur les recommandations formulées dans le rapport.
 

Je relève que votre rapport se fonde sur une visite effectuée en novembre 2007 par l’ancien ombudsman. À la même époque, des officiers supérieurs de l’Armée de terre avaient fait part de préoccupations semblables, notamment de la difficulté éprouvée par des militaires de la BFC Petawawa à obtenir des services en santé mentale. Le CPM et le Médecin-chef ont donc procédé à une enquête approfondie sur la situation à la BFC Petawawa, et ils ont apporté diverses modifications qui correspondaient aux recommandations contenues dans votre rapport.
 

Ainsi je suis fort aise de vous signaler que les services fournis aux familles des militaires sont devenus une des grandes priorités du CPM et le seront assurément au cours des prochaines années. À ce sujet, j’entends lancer certaines initiatives pour procurer une gamme de services mieux structurée en services de soutien aux familles, mais aussi mieux intégrée aux programmes et aux mandats fédéraux et provinciaux actuels.
 

Je vous le répète, je suis heureux d’avoir l’occasion d’évoquer votre étude de cas afférent aux services de santé fournis à la BFC Petawawa. Pour toute question ou observation, n’hésitez pas à vous adresser au Bureau du Major-général Semianiw, CPM.
 

Sentiments distingués,
 

Le Général W.J. Natynczyk
 

Pièce jointe : 1
 

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Commentaires sur les recommandations du MDN et des FC –Rapport intérimaire de l’Ombudsman intitulé Étude de cas de l’Ombudsman –Les services de santéà la Base des Forces canadiennes Petawawa

Recommandations :

  1. Que les Forces canadiennes prennent immédiatement des mesures pour que le nombre de postes de prestataire réponde aux besoins de la Base des Forces canadiennes Petawawa compte tenu de sa taille, de ses activités et de son emplacement.

Réponse :

En 2003-2004, dans le cadre de l’Initiative Rx2000 sur la santé mentale des FC, on a analysé en détail les ressources nécessaires en santé mentale à chaque Centre de soins de santé des FC. Pour chacun d’eux, on a calculé le personnel professionnel et de soutien à affecter selon une formule fondée sur la clientèle desservie. Le tableau ci-dessous indique la clientèle militaire de Petawawa, Valcartier, Edmonton et Ottawa au début du projet ainsi que le nombre de psychiatres et de psychologues cliniciens et le nombre total d’employés en santé mentale nécessaires. On a affecté un personnel plus nombreux à Valcartier, Edmonton et Ottawa parce que, à titre de centres régionaux, ils mènent également des programmes de soins secondaires spécialisés en santé mentale, notamment un Centre de soutien pour trauma et stress opérationnels (CSTSO). Petawawa bénéficie d’un soutien secondaire de la clinique et du CSTSO d’Ottawa.
 

 

BFC

 

Population de la BFC (2004)

 

Psychiatres

 

Psychologues

 

Personnel total en santé mentale d’ici 2009

 

Petawawa

 

4464

 

2,2

 

4

 

31,7

 

Valcartier

 

5940

 

3,2

 

9

 

45,2

 

Edmonton

 

4443

 

3,3

 

5

 

38,3

 

Ottawa

 

6136

 

3,5

 

6

 

38,5

 

 
Le programme Rx2000 initial établissait à 31,7 employés le besoin en santé mentale de Petawawa d’ici le 31 mars 2009. Or, en août 2008, la clinique n’en comptait que 18. Ç’a été un défi d’embaucher d’autres prestataires, vu la pénurie de professionnels dans ce domaine au Canada et la difficulté de trouver des professionnels disposés à se relocaliser à cet endroit petit et relativement isolé. On a eu peu de succès avec des pratiques d’embauche innovatrices : horaire de travail variable, hausse de salaire et boni lors de l’engagement. On poursuivra un effort concerté pour en recruter d’autres.
 

Entretemps, un travailleur social militaire s’est ajouté à la base de Petawawa et d’autres militaires y seront affectés au fur et à mesure qu’ils seront disponibles (à titre d’exemple, un psychiatre militaire y sera en poste en 2009 lorsqu’il aura terminé ses études et qu’il aura été agréé comme praticien). Par ailleurs, la clinique de santé mentale d’Ottawa a accru le soutien qu’elle accorde à Petawawa. Ainsi, chaque semaine un psychiatre militaire vient y prodiguer des services généraux en santé mentale pendant une journée; de plus, un travailleur social, un psychologue et un psychiatre civil relevant du programme du CSTSO d’Ottawa viennent prodiguer des soins thérapeutiques deux jours par semaine, en rotation dans un calendrier de trois semaines. En outre, la clinique d’Ottawa explore des traitements psychiatriques à distance pour multiplier les services qu’elle rend à Petawawa et ailleurs.
 

  1. Que les Forces canadiennes créent et approvisionnent en ressources une organisation nationale qui, en collaborant s’il y a lieu avec des organismes externes et tous les ordres de gouvernement, donnerait aux familles de militaires et à leurs membres accès à toute la gamme des services et des soins dont ils ont besoin.

Réponse :

Les FC continueront à cultiver leurs relations avec d’autres ministères fédéraux, avec les ministres de la Santé provinciaux ainsi qu’avec d’autres organismes et organisations prodiguant des services et des programmes de santé mentale aux familles des militaires. Le Chef du personnel militaire, par l’entremise de son Directeur général – Services de soutien au personnel et aux familles, veillera à approfondir ces liens.
 

Pour mieux s’acquitter de ses responsabilités (et de d’autres) et dans le dessein plus vaste d’améliorer les services offerts aux familles de militaires, le Directeur général – Services de soutien au personnel et aux familles mettra sur pied un Secrétariat national des familles des FC; celui-ci aidera ces dernières à rechercher services et ressources, recensera les problèmes systémiques ou nouveaux que connaissent les familles et, enfin, assurera le lien et des représentations auprès d’organismes externes et tous les ordres de gouvernement nécessaires.
 

Pour aider la BFC Petawawa à recenser les besoins et lacunes de ses familles en santé mentale, le personnel du Directeur général – Services de soutien au personnel et aux familles a réuni chez lui en juillet 2008 tous les intervenants du domaine, notamment des représentants de ministères ontariens, du personnel d’Anciens Combattants Canada de même que des prestataires de services de santé mentale de la collectivité et des FC. Le directeur général s’appuie sur les résultats de cette consultation pour continuer à soutenir les activités de la collectivité visant à procurer une gamme de soins aux familles de militaires.
 

  1. Que les Forces canadiennes fournissent en permanence les ressources locales permettant à la BFC Petawawa de se mettre en rapport avec les organismes locaux et des administrations municipales pour identifier et coordonner les soins dont les familles de militaires et leurs membres ont besoin et qui leur sont offerts.

Réponse :

Le Directeur général – Services de soutien au personnel et aux familles verse au Centre de ressources familiales Petawawa des fonds publics pour qu’il évalue les besoins de la communauté et des familles, tienne un inventaire complet des ressources locales disponibles et recense au fur et à mesure les lacunes en matière de services.
 

De plus, dans le dessein plus vaste d’accroître les services donnés aux familles de militaires, le directeur général rémunérera un officier de liaison avec les familles par l’entremise des Centres de ressources familiales, à l’appui des Unités interarmées de soutien au personnel que l’on met sur pied à divers endroits au sein des FC, y compris à Petawawa. Ce personnel jouera un rôle clé pour ce qui est de recenser et de coordonner les soins fournis sur place aux familles.
 

  1. Que les Forces canadiennes trouvent des mécanismes provisoires pour procurer sur place les soins de santé indispensables d’ici à ce que des solutions à long terme soient mises en place.

Réponse :

On l’a déjà dit, la clinique de santé mentale d’Ottawa a mis au point certaines solutions provisoires pour accroître son soutien à Petawawa, notamment y dépêcher un psychiatre militaire un jour par semaine ainsi qu’une petite équipe du CSTSO deux jours par semaine moyennant rotation aux trois semaines, sans parler de soins de télépsychiatrie. Le Médecin-chef continuera d’examiner le besoin d’un soutien supplémentaire à Petawawa.
 

  1. Que les Forces canadiennes paient une assistance supplémentaire en matière d’administration et d’activités afin que les aumôniers répondent plus efficacement aux besoins religieux des militaires et de leurs familles.

Réponse :

Les Services de santé font l’objet d’un contrôle central (de la part du DGS SAN), mais par les Services d’aumônerie. Chaque poste d’aumônier et toutes les ressources entourant un Service d’aumônerie appartiennent au commandant local et sont contrôlés par lui. Pour tout service supplémentaire, on doit puiser dans les ressources locales. Toute ressource supplémentaire pour de l’assistance en matière d’administration et d’activité destinée à l’équipe d’aumônerie et mentionnée dans le rapport préliminaire ressortit à un besoin local d’un commandant et devrait être planifiée selon le processus habituel avant d’être affectée.
 

Durant la planification de chaque déploiement, l’aumônier principal tant opérationnel que stratégique est invité à s’informer auprès de l’aumônier tactique de la façon dont l’équipe d’aumônerie arrière assurera un niveau acceptable de services à la base et aux unités, y compris des activités à la chapelle de la base. Depuis le début de la Force opérationnelle en Afghanistan, les aumôniers de tous les niveaux ont avisé leur commandant de la nécessité d’assurer des services de qualité à leur chapelle et à leur base. Sans exception, les commandants ont procuré des ressources financières abondantes aux responsables de l’aumônerie afin de renforcer leur équipe pendant que l’aumônier d’une unité était affecté ailleurs. Constamment et sans exception, les commandants fournissent aux dirigeants de l’équipe d’aumônerie les ressources qu’ils réclament, de sorte qu’on a chaque fois remplacé l’aumônier affecté ailleurs en embauchant un aumônier de la Réserve ou civil. Il importe de ne pas l’oublier dans les commentaires entourant les recommandations de l’Ombudsman.
 

Les activités d’aumônerie militaire sont coordonnées et réalisées sous la direction immédiate de l’aumônier principal. De par la nature même d’une communauté de foi, ces activités sont confiées à des bénévoles de cette dernière. C’est là une réalité fondamentale de toute communauté de foi, qu’elle soit civile ou militaire. Bien que l’Ombudsman suggère aux FC de fournir des ressources financières pour augmenter le nombre de bénévoles affectés ailleurs, cette recommandation serait très difficile à concrétiser, et elle pourrait donner lieu à des défis considérables et nouveaux relativement à d’autres bénévoles. Une communauté de foi est une entité particulière au sein d’une base militaire. Ce qui pourrait sembler une solution générale pourrait entraîner de sérieux problèmes à long terme. Dans toute organisation, une fois qu’une activité a été mise en place, on s’attend ensuite à ce qu’elle soit maintenue. Proposer que des activités d’aumônerie soient confiées à du personnel salarié, même à temps partiel, ne tient aucunement compte de la réalité et du fonctionnement d’une communauté de foi relativement à ses fidèles.
 

Une communauté de foi militaire est un élément dynamique dans tout ce que procure un aumônier à des militaires et à leurs familles. Une communauté semblable dans le monde civil bénéficie de professionnels rémunérés pour l’exécution de ses activités, mais uniquement si elle est considérable. Les petites sont rarement en mesure de financer de telles activités; quant aux chapelles militaires, elles sont tellement petites, c’est évident, que pour de nombreuses raisons, ce ne saurait être là une option viable.
 

En dépit des préoccupations susmentionnées, l’aumônier d’une base est capable d’identifier les ressources nécessaires pour fournir des services de grande qualité aux familles des militaires. Ces préoccupations et la recommandation figurant dans le rapport de l’Ombudsman peuvent être transmises aux dirigeants des équipes d’aumônerie, ceux-ci étant en mesure d’obtenir toutes les ressources dont ils pourraient avoir besoin pour assurer des services adéquats à ce chapitre, y compris pour les activités de leur chapelle. L’expérience montre qu’un commandant, à quelque niveau de la chaîne de commandement, s’empresse toujours de procurer à l’aumônier toutes les ressources indispensables à des services d’aumônerie de grande qualité.
 

  1. Que les Forces canadiennes mettent en place une structure de gouvernance claire aux fonctions et aux responsabilités précises qui soit chargée de fournir des soins multidisciplinaires réels et efficaces aux militaires de Petawawa et à leurs familles.

Réponse :

On a revu la gouvernance et le fonctionnement des services de santé mentale fournis par les cliniques des FC; à présent, on les a bien définis et on a communiqué le résultat à leurs dirigeants et à leurs professionnels. Au moment de la visite de l’Ombudsman, le problème qui se posait à Petawawa était un conflit en milieu de travail et il tenait principalement à un employé qui ne travaille plus à la clinique. De plus en février 2008, un major Officier de service social a été nommé à sa tête pour diriger les services cliniques et ainsi réduire le stress ambiant. En 2009, on y a affecté un psychiatre militaire pour en rehausser le professionnalisme et la capacité clinique. Sur le plan national, le Médecin-chef achève de rédiger une directive d’ordre professionnel et technique énonçant des principes clairs d’interdisciplinarité et de supervision s’appliquant aux services de santé mentale.
 

  1. Que les Forces canadiennes adoptent des mesures concrètes pour aider les prestataires de la communauté de Petawawa à réinstaurer des relations interpersonnelles et interdisciplinaires empreintes de courtoisie, de respect, de confiance, de coopération et de soutien.

Réponse :

En septembre 2007, le Médecin-chef a été informé de gestes interpersonnels non professionnels, posés par quelques prestataires de soins de santé mentale à la clinique de Petawawa; il y a donc ordonné une Visite d’aide d’état-major (VAEM). À l’occasion de son constat, l’équipe responsable de la visite a exigé des mesures correctives de la part de la chaîne de commandement du Groupe des Services de santé des FC. Entre autres mesures, on a renvoyé un membre du personnel et on a nommé un nouveau directeur de la clinique tandis que la clinique de santé mentale et les CSTSO d’Ottawa ont accentué leur supervision. De plus, on envisage d’affecter un psychiatre militaire à la clinique en 2009. Par ailleurs, le Médecin-chef adjoint de même que les hauts responsables des soins en santé mentale au QG du Groupe surveillent de près la situation. On prévoit tenir des ateliers pour aider le personnel à acquérir des aptitudes à travailler en équipe. À titre d’exemple, l’atelier national de formation en santé mentale des FC, qui si tiendra à Toronto en février 2009, portera principalement sur les soins interdisciplinaires et l’apprentissage du rôle à y jouer. Enfin, en septembre 2008, le personnel de Petawawa suivra à l’Université McMaster un enseignement de quatre jours et demi sur l’entraînement cognitif et comportemental.
 

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