Message de l'ombudsman - 16 octobre 2014

L’ombudsman constate plusieurs préoccupations à la Base des Forces canadiennes Wainwright

En novembre 2013, mon prédécesseur et des membres du personnel du Bureau de l’ombudsman ont visité la garnison de Wainwright, en Alberta, où ils ont rencontré des centaines de militaires, d’employés civils, de fournisseurs de soins et de membres de famille des militaires.
 

Pendant la visite, plusieurs préoccupations ont été soulevées, dont un grand nombre correspondait aux problèmes soulevés dans d’autres bases et escadres, plus isolées, à l’échelle du pays.
 

Des préoccupations concernant l’indemnité de vie chère en région (IVCR) et l’indemnité de service en campagne (ISC) ont été soulevées lors de toutes les assemblées publiques. Des militaires ont exprimé leur mécontentement quant à leur inadmissibilité à l’IVCR étant donné que les gens sont d’avis général que le coût de la vie et le prix des besoins essentiels sont plus élevés dans la région de Wainwright qu’à Edmonton, où les militaires de cette région ont droit à l’indemnité. De nombreux militaires ont aussi indiqué que la perte de l’ISC, lorsqu’ils sont affectés à Wainwright, a eu une incidence négative sur leurs finances. Par exemple, un militaire a indiqué que son salaire annuel avait diminué de 13 000 $ avec la perte de l’IVCR et de l’ISC.
 

Le personnel de l’ombudsman a trouvé que le logement - les habitations gérées par l’Agence de logement des Forces canadiennes (ALFC) et celles en vente ou à louer sur le marché civil – est une préoccupation majeure des membres des Forces canadiennes de Wainwright et de leur famille. Certaines des préoccupations soulevées par les militaires sont le nombre insuffisant de logements disponibles gérés par l’ALFC, l’inventaire vieillissant et le manque d’ouvriers pour effectuer même les réparations de base. De plus, le marché de l’habitation privé est en grande partie inaccessible pour bon nombre d’entre eux en raison du boom des emplois dans l’industrie pétrolière, ce qui a eu une incidence sur les marchés locatifs et de l’habitation, car une telle situation fait souvent monter les prix.
 

Lors de toutes les assemblées publiques organisées à Wainwright, l’accès aux soins de santé a été mentionné comme un défi auquel font face les familles des militaires. Malgré le fait que la province ait renoncé à la période d’attente de 90 jours requise avant que les familles des militaires ne soient admissibles au régime provincial d’assurance-maladie, certaines personnes doivent payer avant de recevoir des services de soins de santé. Un manque de médecins et de spécialistes qui acceptent de nouveaux patients était également une préoccupation très importante, tout comme l’accès à des services de santé en français. Mon prédécesseur a appris que certaines familles visitent la salle d’urgence de l’hôpital si elles ont besoin de consulter un médecin, tandis que d’autres familles conduisent de longues distances, surtout pour consulter un spécialiste.
 

De nombreux membres des Forces canadiennes ont indiqué qu’ils doivent prendre congé afin de conduire des membres de famille à des rendez-vous chez le médecin à l’extérieur de Wainwright, ce qui leur fait perdre temps et argent. Toutefois, le personnel de l’ombudsman était heureux d’apprendre que des médecins militaires tiennent une clinique sans rendez-vous dans la ville de Wainwright certains soirs.
 

D’autres préoccupations ont été soulevées concernant les militaires au sein du peloton du personnel en attente d’instruction (PAI). Certains de ces militaires sont mariés et sont envoyés à Wainwright en restriction imposée (RI) – lorsque les militaires doivent se déplacer loin de leur famille pendant une courte période de temps – afin de suivre leur instruction. Toutefois, les enquêteurs ont appris que certains militaires, surtout ceux qui ont un métier spécialisé, peuvent attendre jusqu’à neuf mois avant le début de leur cours, ce qui peut avoir une incidence sur le moral du personnel. Certains militaires ont également indiqué que l’élimination de l’indemnité de repas lorsqu’ils sont séparés de leur famille a des répercussions financières négatives sur les militaires du peloton du PAI.
 

Lors de toutes les assemblées publiques, les participants ont mentionné que les principaux obstacles à la stabilité financière dans la région de Wainwright étaient les options limitées en matière de services de garde d’enfants et de possibilités d’emploi pour les conjoints et les conjointes. De nombreux militaires ont aussi parlé de l’installation qui loge le Centre de ressources pour les familles des militaires (CRFM), installation qu’ils estiment être inadéquate pour répondre aux demandes de service de garde de jour – le Centre offre actuellement moins de 20 places et a établi une liste d’attente – et à celles du camp d’été, qui obtient un nombre supérieur à 100 inscriptions étant donné qu’il y a un manque de choix appropriés dans la région. Étant donné le manque d’espace, le Centre doit interrompre tous ses autres programmes, y compris les services de garde occasionnelle (sauf le service de garde de jour) lorsqu’il offre le camp d’été.
 

Quant aux possibilités d’emploi des conjointes et conjoints des militaires, les quelques emplois disponibles dans la région ont tendance à offrir de faibles revenus. Le personnel de l’ombudsman a été informé que de nombreux conjointes et conjoints ne trouvent pas d’emploi dans leur domaine. Il a également appris que de nombreux conjointes et conjoints ne travaillent pas, car le coût des services de garde d’enfants est plus élevé que le revenu gagné par le conjoint ou la conjointe. De plus, étant donné le manque de transport en commun, il est difficile de chercher un emploi et de se rendre au travail, car la plupart des familles possèdent seulement un véhicule. En raison de cette situation, certains conjoints et conjointes se sentent aussi isolés.
 

Enfin, les installations sportives de la garnison de Wainwright ont été mentionnées tout particulièrement par les militaires comme étant une grande source de frustration. Les installations sont vieilles, de mauvaise qualité et ne sont pas en mesure de répondre à la demande des nombreux utilisateurs lors des jours d’intempéries. De plus, les heures d’ouverture sont peu pratiques.
 

Les questions soulevées lors de la visite de sensibilisation à la garnison de Wainwright correspondent en grande partie à celles constatées lors de nos enquêtes qui portaient sur la Base des Forces canadiennes Cold Lake en juillet 2013 et sur les défis auxquels font face les familles des militaires en novembre 2013.
 

Wainwright, comme Cold Lake, est grandement touchée par la croissance du secteur pétrolier. Le coût de la vie est élevé, et les familles ne reçoivent aucune indemnité de vie chère en région pour aider à compenser les coûts supplémentaires. Les défis liés aux services de garde d’enfants et à l’emploi de la conjointe ou du conjoint à la garnison sont d’énormes sources de frustration au sein de la communauté de la Défense.
 

Compte tenu de ces défis, nous encourageons quiconque a des préoccupations similaires à communiquer avec notre bureau. Nous sommes prêts à aider.
 

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