Message de l’Ombudsman (le 12 mai 2015)

L’Ombudsman examine les préoccupations de la 15e Escadre Moose Jaw

En février dernier, je me suis rendu avec les membres de mon personnel à la 15e Escadre Moose Jaw, en Saskatchewan, dans le cadre de nos efforts visant à rendre nos services plus facilement accessibles à la communauté de la Défense et à acquérir une compréhension directe des préoccupations et des défis des personnes pouvant avoir recours à nos services.
 

Nous avons apprécié le temps et l’ouverture dont tout le monde a fait preuve à notre égard, particulièrement compte tenu du rythme effréné des opérations d’entraînement à l’Escadre.
 

Pendant notre visite, des employés civils ainsi que des militaires et leurs familles nous ont fait part de plusieurs préoccupations. Nous avons discuté de ces préoccupations énumérées ci‑après avec le commandant de l’Escadre avant notre départ puis par correspondance.
 

Civils

Les employés civils nous ont mentionné un certain nombre de préoccupations relativement à la dotation, à la classification et aux conseils en matière de ressources humaines. Il a été mentionné que certaines descriptions de poste n’ont pas été révisées depuis plus de dix ans et que les militaires comprennent mal les tâches qui reviennent aux civils.
 

Les conseillers en ressources humaines affectées aux dossiers de Moose Jaw ont souvent changé, et les gens croient que ces changements ont eu un effet négatif sur l’efficacité de la dotation et sur la confiance des gestionnaires. La difficulté d’obtenir de l’aide a également été mentionnée, et, dans le cas où elle est fournie, le soutien du service des Ressources humaines est inégal et l’expertise, douteuse. Par exemple, un gestionnaire a demandé des conseils et a reçu une réponse contraire à ce que dicte la convention collective.
 

Les civils de Moose Jaw souhaiteraient obtenir un soutien, des communications et une transparence accrus. Nous avons offert notre aide au sous-ministre adjoint (Ressources humaines – Civils) lorsque nous avons fait un suivi au sujet de ces préoccupations, et nous avons également encouragé les employés et gestionnaires civils à nous joindre pour obtenir des renseignements généraux et un soutien individualisé tout en continuant d’utiliser les ressources et les mécanismes de plaintes qui leur sont offerts.
 

Militaires et leurs familles

Le personnel militaire et les membres de leurs familles nous ont fait part de préoccupations liées à la garde des enfants et au soutien des familles, au logement, aux soins médicaux et aux répercussions financières des affectations à Cold Lake.
 

Centres de ressources pour les familles des militaires

Nous avons trouvé que le Centre de ressources pour les familles des militaires de la 15e Escadre est formé d’un groupe dévoué et bienveillant qui contribue réellement à faire une différence et à établir des liens avec les familles pour qu’elles se sentent chez elles à Moose Jaw. Tous les mercredis matins, le Centre de ressources organise ce qu’il appelle les Welcome Wednesdays, où les familles peuvent se réunir et apprendre à se connaître. Certains membres de familles de militaires ont exprimé le souhait que les Welcome Wednesdays aient lieu quelques soirs par mois, afin de permettre aux conjoints qui retournent au travail de continuer à rencontrer leur « deuxième famille ».
 

On nous a fait part de préoccupations sur des pénuries de places en garderie et de longues listes d’attente pour des services de garde à Moose Jaw. La solution actuelle de garde occasionnel fournie par le centre d’apprentissage pour jeunes enfants du Centre de ressources est adéquate pour bon nombre de familles, mais n’aide pas les familles dont les deux parents travaillent. Cependant, nous avons été informés qu’une analyse est en cours pour offrir d’autres solutions en 2015.
 

Compte tenu des défis que pose la collecte de fonds nécessaire pour répondre à la demande, je souhaite souligner la collaboration exemplaire du personnel du Centre de ressources pour les familles des militaires, des employés des programmes de soutien du personnel et de la communauté avoisinante pour optimiser les services offerts aux familles. Ils offrent des initiatives importantes qui ont une incidence réelle et constructive sur la vie des familles des militaires à Moose Jaw.
 

Logement

En matière de logement, il a été mentionné que les casernements rénovés et dotés d’installations de cuisine de l’Escadre étaient un élément positif pour les stagiaires. Cependant, en ce qui a trait aux unités de logement résidentiel, les militaires et leurs familles ont exprimé une certaine frustration relativement au loyer et au manque de services de la part de l’Agence de logement des Forces canadiennes et des entrepreneurs.
 

De plus, de graves préoccupations ont été soulevées relativement à la sécurité générale des unités de logement résidentiel de Moose Jaw. Les militaires ont décrit divers problèmes, notamment l’infiltration d’eau fréquente dans les sous-sols, la présence de grandes fissures dans les fondations et dans les murs des sous-sols, et la piètre qualité de très vieilles fenêtres, qui doivent être recouvertes pour empêcher la chaleur de s’échapper de la maison. Certains ont également mentionné avoir eu besoin d’acheter des appareils de chauffage portatifs pour s’assurer que la température des chambres de leurs enfants ne chute pas jusqu’au point de congélation pendant la nuit. Les militaires ont indiqué que leurs coûts d’énergie sont supérieurs à la normale en raison de l’état de leurs logements, et que les réparations ou les rénovations ne justifient pas la hausse des loyers.
 

Bon nombre ont mentionné que les services offerts par l’Agence de logement des Forces canadiennes sont inadéquats, puisqu’il n’y a aucun service après les heures normales de travail. En conséquence, les militaires ou leurs conjoints doivent prendre congé du travail et perdre une partie de leur rémunération pour accueillir les entrepreneurs. Les militaires ont laissé savoir que leurs demandes de réparation restent souvent sans réponse et que les rénovations nécessaires sont effectuées après des délais d’attente excessivement longs. De plus, ces rénovations sont souvent réalisées par des sous-traitants difficiles à trouver en raison du fait que l’échéancier de paiement de l’Agence du logement des Forces canadiennes s’échelonne souvent sur plus d’un mois. Les familles ont le sentiment de n’avoir aucun recours pour les lacunes liées à la qualité des travaux réalisés par des entrepreneurs peu expérimentés.
 

Sur une note positive, certains militaires ont constaté que s’ils s’adressaient à leur chaîne de commandement pour obtenir de l’aide, les services requis étaient plus souvent fournis dans un délai convenable. Cependant, cette solution n’est pas viable à long terme.
 

Le manque d’unités de logement résidentiel était une autre préoccupation importante des militaires de Moose Jaw. Les militaires déménagent avec leurs familles à Moose Jaw, puis doivent déménager de nouveau, à leurs propres frais, lorsqu’une unité de logement de l’Escadre se libère. On nous a informés que l’ordre de priorité était à la discrétion de l’Agence de logement et qu’il n’existe aucune orientation ou politique claire définissant qui a droit en priorité à un logement. Les militaires ont exprimé qu’ils trouvent préoccupant que le délai d’attente d’un logement soit de plus d’un an. Les membres des Forces armées canadiennes souhaitent qu’on leur communique de manière transparente comment est établie la priorité d’attribution des unités de logement et qu’on leur fournisse des calendriers de réparations pour les logements.
 

Questions médicales

Les opérations médicales de la 15e Escadre sont fournies par une unité hébergée de la 17e Escadre de Winnipeg, qui apporte également du soutien à un certain nombre de réservistes de divers emplacements géographiques, notamment Saskatoon et Dundurn. En conséquence, fournir des soins à tout le monde dans chacun de ces emplacements représente un défi; les aiguillages vers des services dans la communauté à proximité de celle du militaire sont souvent la seule option, mais il est difficile de les faire autoriser.
 

Le personnel médical a également mis en lumière des préoccupations liées aux soins médicaux offerts aux membres de la Force régulière, étant donné la nécessité de faire appel à des hôpitaux civils pour certains services comme les IRM. On a également mentionné qu’il manquait de services médicaux pour les familles.
 

Je trouve encourageant de constater les efforts déployés par la direction pour aider le personnel médical à communiquer le caractère unique de la prestation de services aux militaires de divers emplacements en Saskatchewan.
 

Centre intégré de soutien du personnel et services de transition

Il y a une pénurie de personnel au Centre intégré de soutien du personnel de l’Escadre, et cette pénurie a des conséquences néfastes sur les suivis médicaux obligatoires et sur le processus de guérison des militaires malades et blessés. Par exemple, certains militaires attendent 54 jours pour obtenir un rendez-vous de suivi de 10 minutes. De plus, il y a une demande élevée de services médicaux à Dundurn; actuellement, les besoins médicaux de 26 militaires ne sont pas comblés adéquatement par les visites prévues du médecin militaire, soit une fois toutes les deux semaines.
 

Les employés du Centre intégré de soutien du personnel sont très reconnaissants de l’appui qui leur est offert pour réorganiser les bureaux et ont hâte que les postes approuvés soient pourvus, puisque ces mesures amélioreront l’aide apportée aux militaires malades et à leurs familles dans le cadre de leur transition vers la vie civile.
 

En matière de services de transition, les séminaires du Service de préparation à une seconde carrière – conçus pour aider les membres du personnel militaire à planifier et préparer leur retraite des Forces armées – sont difficiles à planifier, et il est particulièrement difficile pour les membres en congé autorisé (congé de maladie ou congé de retraite) d’y assister, puisqu’ils doivent être en service pour y participer. De plus, l’officier de sélection du personnel, qui coordonne et présente les séminaires, exerce ses principales fonctions à l’extérieur de la province. On a évoqué la possibilité de filmer le prochain séminaire et de diffuser les diapositives et les coordonnées des personnes-ressources associées à la présentation par Internet, ce qui permettrait aux militaires d’accéder à l’information en tout temps.
 

Coût de la vie

Les pilotes qui ont terminé leur entraînement à la 15e Escadre sont souvent affectés à Cold Lake. Certains candidats pilotes et leurs familles ont exprimé leur inquiétude au sujet des répercussions financières des affectations à Cold Lake et ont demandé quand le taux des indemnités différentielles de vie chère serait réévalué. Les indemnités différentielles de vie chère tiennent compte des différences dans le coût de la vie et des coûts associés aux nécessités de subsistance entre les divers lieux d’affectation. On a également posé des questions sur les augmentations de la rémunération.
 

Ces préoccupations ont été soulevées par tous les échelons militaires et j’ai réitéré que le Secrétariat du Conseil du Trésor et le ministère de la Défense nationale travaillent actuellement sur cette question, mais le délai lié au prochain budget risque d’avoir un impact sur la date d’entrée en vigueur de l’avantage.
 

Rythme d’entraînement et congés

Les préoccupations soulevées ont reflété la difficulté de concilier les exigences opérationnelles visant à atteindre les cibles de production et les besoins des militaires et de leurs familles. Les conjoints étaient inquiets pour la sécurité de leurs proches qui volent lorsqu’ils sont fatigués ou en présence de surfaces glacées. Le rythme d’entraînement et l’incertitude entourant l’approbation des demandes de congé parental ont également fait l’objet de discussions.
 

Le commandement de la 15e Escadre a reconnu ce dilemme et nous a informés que si tous les congés parentaux étaient accordés aux périodes demandées, la capacité d’entraînement diminuerait de 10 %. J’ai recommandé au commandement de communiquer clairement ses intentions et de prendre des décisions rapidement, étant donné que l’incertitude ajoute au stress des familles et des militaires.
 

Domicile projeté

À de nombreuses reprises, le personnel de la 15e Escadre a mentionné sa frustration et le sentiment d’injustice relativement aux critères d’admissibilité des avantages associés au domicile projeté, conçus pour aider les militaires à défrayer les coûts de leur dernier déménagement au moment de leur libération.
 

Le fait que les militaires non formés ne sont admissibles à aucune indemnité de déménagement vers leur lieu d’enrôlement – même s’ils sont libérés pour des raisons médicales – pose problème. Autrement dit, un candidat pilote qui s’est enrôlé à Terre-Neuve et est libéré pour des raisons médicales à Moose Jaw doit assumer tous les frais liés à son retour à Terre-Neuve. Dans certains cas, les candidats ont une famille, et le déménagement de toute la famille peut représenter une somme de 40 000 $, qui s’ajoute à la perte de revenus associée à la libération. Seuls les militaires non formés libérés pour inconduite voient leurs dépenses de déménagement remboursées, aux frais de la Couronne.
 

Bien que cette situation s’applique à l’échelle des Forces armées canadiennes, la 15e Escadre – comme les autres bases et escadres d’entraînement – a soulevé ce problème. J’ai informé le groupe que le directeur – Rémunération et avantages sociaux (Administration) était bien conscient de ce problème et que celui-ci fait partie des discussions liées aux indemnités de déménagement qui ont cours au Conseil du Trésor.
 

Je félicite les chefs de la 15e Escadre Moose Jaw pour leur dévouement envers les hommes et les femmes qui servent sous leur commandement. Certains des problèmes et des défis auxquels les membres du commandement sont confrontés sont, du moins dans une certaine mesure, hors de leur contrôle, mais je suis convaincu qu’ils continueront de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour trouver une solution aux préoccupations qui ont été soulevées.
 

Je crois fermement que les pratiques exemplaires en matière de collaboration et de partage entraînent des changements positifs durables, et je suis heureux d’avoir pu discuter avec le personnel, les militaires et les familles de la 15e Escadre et de travailler avec ses dirigeants pour répondre à ces préoccupations.
 

Gary Walbourne
Ombudsman

 

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